A la rencontre des artisans de l’Unesco

Mon épopée au village de la francophonie me conduit ce jour au pavillon de l’UNESCO.

Assis devant sa machine à coudre, doucereux, presqu’intimidé Hery 21 ans, originaire de Brickaville à Antsinanana se livre à son art, son métier, la vannerie. Debout à ses cotés, Claudette 27 ans, originaire de la même région, toute aussi timorée, à l’image de la majorité des malgaches rencontrés ces jours-ci, admire l’ouvrage de ses mains.

Dans la petite salle servant de tanière à l’Unesco, sont exposés outre la documentation, les articles confectionnés par des jeunes sortis trop tôt du système éducatif, formés à l’artisanat par l’institution.

Ces cinq dernières années, l’Unesco s’est consacrée au renforcement des capacités dans le domaine de la formation professionnelle, qui est son projet phare à Madagascar. Raymondine Rakotondrazaka Spécialiste de l’éducation à l’antenne Unesco Madagascar, également présente sur les lieux, m’en dit plus.

« Ceci consiste à donner des métiers porteurs aux jeunes déscolarisés. Nous les formons sur des métiers qui sont nécessaires dans leurs localités. Avant ça, nous identifions avec la communauté le métier porteur ; il y a une étude préalable pour identifier ces métiers porteurs par rapport auxquels nous recensons des jeunes afin de connaitre leurs attentes par rapport à la vie, pour mieux les insérer dans la vie active. »

L’objectif de l’Unesco relativement au défi de « l’agenda éducation 2030 », est de former et d’encadrer les jeunes malgaches déscolarisés, en vue de leur insertion dans la vie professionnelle. Ces formations selon les filières, varient entre deux et six mois et englobent par ailleurs l’entrepreneuriat.

« Une fois la formation achevée, ils ont leur projet professionnel sur la base duquel nous les accompagnons pour le démarrage dudit projet puisque nous travaillons avec un programme du gouvernement qui s’appelle FORMAPROD. Une fois insérés, ils sont laissés à leur activité.»

M’assure mon interlocutrice.

Les métiers de l’Artisanat

unesco-madagascar

Ces formations portent essentiellement sur les métiers de l’artisanat ; notamment la vannerie, la maçonnerie, la charpenterie, la menuiserie, la pisciculture, porciculture etc.

2500 emplois aux dires du Ministère de l’emploi de la formation professionnelle et de l’enseignement technique de Madagascar ont ainsi été crées depuis l’initiation du projet en 2014. Un suivi de six mois permet d’accompagner les artisans qui reçoivent grâce au programme de Formation Professionnelle et d’amélioration de la Productivité Agricole (FORMAPROD), des kits de première installation.

Un vaste chantier !

Nul besoin de faire plus d’un jour dans le pays pour se rendre compte des conditions de vie  des populations. La mendicité infantile fait rage et se poursuit telle une soirée démentielle jusqu’au bout de la nuit. Le pays à du mal à cacher ses désœuvrés qui telle une lampe arrimée sur une colline, éclaire toute la ville.

Par ailleurs, Raymondine Rakotondrazaka révèle, qu’il y a très peu de centres de formations en milieu rural. Une situation qui freine l’action de l’Unesco dans la mesure où elle est obligée de ramener ces jeunes en ville et les inscrire dans un internat à ses frais.

« Ça coûte cher. Ce n’était pas prévu ; mais en milieu rural il n’y a pas de centres de formations ».

Certes l’Unesco travaille avec les autres partenaires financiers de Madagascar. Mais au-delà de ce projet, le véritable challenge reste le maintien des jeunes dans le cursus scolaire. Car « il y a environ 2.000.500 jeunes qui ont besoin d’encadrement ». Ce programme dans un premier temps, cible 5000 jeunes ; toutefois l’Unesco devrait augmenter sa cible dans les années à venir.

L’Unesco à Madagascar est basée dans le quartier de Galaxie, dans la maison commune du système des Nations Unies.

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