Madagascar

#SommetMada16: les Malgaches réclament la liberté d’expression

Le XVIe sommet de la Francophonie qui se tient à Madagascar du 22 au 27 novembre est un événement qui a permis au pays hôte de bénéficier d’une certaine visibilité sur le plan international du fait de la forte présence des visiteurs et des délégations des pays membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Cependant, certains Malgaches ont profité de cette occasion pour réclamer le droit de s’exprimer librement.

Article 20

Adoptée en mai 2014, la loi sur la cybercriminalité a suscité beaucoup de protestations et de mécontentements parmi les internautes et au sein de la société civile malgache, notamment à cause de son article 20. En résumé, cet article prévoit un emprisonnement de deux ans à cinq ans et/ou d’une amende de 2 millions à 100 millions d’ariary pour toute injure ou diffamation commise envers les institutions ou leurs représentants, quelque soit le support utilisé.

Malgré les protestations des internautes et les inquiétudes exprimées par des membres de la société civile malgache et certaines organisations internationales telles que Reporters Sans Frontières (RSF), la loi a été maintenue par les autorités. Un Code de la communication, très médiatisé et non moins controversé, a même été adopté.

A la rencontre des artisans de l’Unesco

Mon épopée au village de la francophonie me conduit ce jour au pavillon de l’UNESCO.

Assis devant sa machine à coudre, doucereux, presqu’intimidé Hery 21 ans, originaire de Brickaville à Antsinanana se livre à son art, son métier, la vannerie. Debout à ses cotés, Claudette 27 ans, originaire de la même région, toute aussi timorée, à l’image de la majorité des malgaches rencontrés ces jours-ci, admire l’ouvrage de ses mains.

Dans la petite salle servant de tanière à l’Unesco, sont exposés outre la documentation, les articles confectionnés par des jeunes sortis trop tôt du système éducatif, formés à l’artisanat par l’institution.

Ces cinq dernières années, l’Unesco s’est consacrée au renforcement des capacités dans le domaine de la formation professionnelle, qui est son projet phare à Madagascar. Raymondine Rakotondrazaka Spécialiste de l’éducation à l’antenne Unesco Madagascar, également présente sur les lieux, m’en dit plus.

A la rencontre des jeunes entrepreneurs malgaches

La particularité de ce XVIe Sommet de la Francophonie qui se déroule à Madagascar est la mise en valeur des jeunes entrepreneurs de l’espace francophone. Je suis allé à la rencontre de jeunes entrepreneurs et faiseurs qui essaient de résoudre les problèmes de leur communauté en montant leur propre affaire.

Un pavillon pour les entrepreneurs de l'Ocean Indien soutenus par l'OIF par le biais du CONFEJES

Christina et son projet vert
Après un mois de formation en entrepreneuriat en Afrique du Sud en mai 2016, la passion entrepreneuriale prend le dessus pour Marie Christina KOLO. Elle se lance son projet social et solidaire « Green N Kool ». Active à Nosy-Be dans le Nord-Ouest de Madagascar et à Antananarivo, Green N Kool, c’est en même temps de l’insertion sociale, un restaurant-camping écologique, des animations pour apprendre à recycler et des meubles écologiques. Christina aime commencer petit mais n’hésite aucune occasion de passer à la vitesse supérieure. C’est ainsi qu’elle rafle plusieurs concours dont Fond Canadien d’appui aux initiatives locales du Haut-commissariat du Canada et Junior Mihary, un concours pour les jeunes entrepreneurs de la Grande Ile. Par ailleurs, son projet fait partie des entreprises appuyées par « Incubons », un incubateur malgache.
Pour les jeunes entrepreneurs en manque d’audace, elle dit : « L’entrepreneuriat, c’est possible. Ce n’est pas un monde ultra-business sans valeurs ni éthiques. Chacun peut apporte ses valeurs et sa passion pour essayer de changer la communauté et ainsi se créer des emplois décent et en créer aussi pour les autres ».

Une même langue pour échanger, comprendre l’autre et faire des affaires

Situé au cœur de la capitale malgache, Antananarivo, le village de la francophonie offre un décor haut en couleurs. Francophones d’Afrique, d’Amérique, d’Europe et d’Asie, réunis pour l’occasion, transportent tous un peu de chez eux ; un mode d’expression, un art, une danse, bref ! Un bout de leurs cultures à faire connaitre à l’autre.  

Des souks marocains, à la poupée gonflable à l’effigie de l’Eléphant, emblème de la Côte d’Ivoire (organisatrice des jeux de la francophonie en 2017), tous s’activent à offrir un espace des plus attractifs, faire étalage de leurs richesses culturelles afin d’inciter les chancelants et autres récalcitrants à passer le pas de leurs pavillons pour échanger, partager et surtout découvrir, aimer le français, réapprendre à l’aimer ou… Faire du business.