Mythes et réalités sur l’organisation du sommet à Madagascar

Depuis l’annonce de l’organisation du sommet de la Francophonie à Antananarivo en 2016, tant d’encre a coulé…

Tantôt critiquant ce choix de l’OIF (Organisation internationale de la francophonie), tantôt enthousiaste sur son sort et parfois relayant rumeurs et blagues de mauvais goût, la presse comme les réseaux sociaux s’en sont donnés à cœur joie sur les pronostics de ce sommet. Aujourd’hui que le sommet est devenu réalité, j’aimerais, succinctement, exprimer mes idées sur le sujet et aussi détruire certains mythes.

  1. Le sommet coûtera-t-il cher au pays ?

    Il est vrai qu’à première vue, le Sommet de la Francophonie faisait entrevoir des dépenses importantes de la part de l’état Malgache. On se demandait si cela en valait la peine, les retombées, il doit bien y en avoir tôt ou tard, mais dans tous les cas, le Malgache lambda ne s’imagine pas en bénéficier. Les hôtels, peut-être ; les transporteurs, peut-être. Mais toutes ces questions d’argent, de partenariats, de subventions sont souvent des boites noires aux yeux du peuple ; tellement que c’est, à mon avis, naturel et légitime que les interrogations et les craintes se posent…A suivre.

  2. Les aménagements ne seront jamais prêts à temps

    Les infrastructures qu’on disait impossibles à finir sont là : de nouvelles routes sont inaugurées, un Village de la Francophonie flambant neuf et fonctionnel est sorti de terre en quelques semaines même si cela ne ressemble pas tout à fait aux affiches initiales. L’aéroport n’a pas un nouveau terminal mais juste un plus grand parking. Reste que quelques tentes ont été dressées en lieu place de certains bâtiments auparavant prévus.

    village-francophonie

  3. L’Etat va vouloir cacher la pauvreté

    Il y a eu des embellissements de certaines rues, il ne faut pas le nier. Certains marquages au sol sont apparus là où on n’avait pas l’habitude de les voir. Et des lumières sont apparues là où parfois l’obscurité régnait. Les policiers, très présents dans toute la ville, y vont par 3 ou 4 pour assurer la sécurité des biens et des personnes. D’un autre côté, et c’est souvent le cas lorsque des évènements internationaux sont organisés, on observe des dispositifs visant à cacher la pauvreté. Les rumeurs fusent et font état de sans-abris déportés, d’interdictions pour les charrettes, pousse-pousses, et deux roues de circuler, voire, d’interdiction de porter tongs et t-shirts troués.

    Certains démentis ont été faits. Seulement quelques sans-abris se sont vus octroyer des foyers provisoires et c’est la moindre des choses, sommet ou pas sommet. Les charrettes et les pousse-pousses n’ont jamais vraiment eu droit de cité à Tana, et les conducteurs qui les insultent tous les jours peuvent témoigner de leurs impacts négatifs sur la circulation. Sinon, aucune autre interdiction loufoque n’a jamais été prononcée sauf sur les réseaux sociaux par des blagueurs.

3 Commentaires

  1. Je comprends en grande partie ce que tu veux dire, et j’y adhère. Sauf vers la fin: car il me semble évident que les Réseaux Sociaux « malgaches » ont perdu de leur puissance d’expression. Article 20.?.?.
    J’étais en train de rédiger mon article quand j’ai vu le tien, et je t’en remercie car le mot « mythe » état bel et bien celui qui m’échappait. Mythe et non pas seulement rumeurs. Mon article n’est donc pas, tu le comprendras, une réponse directe à ton post, mais nous avions bien le même souci au fond. Les mêmes questionnements.
    Le voici: https://thierry.andriamirado.netsika.net/blog/la-francophonie-2016-est-elle-un-mythe-pour-la-population-malgache

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